Ta’hanoune (Yitro) :
Il est connue que les communautés tunisiennes omettent les Ta’haounimes le jeudi de la semaine de Yitro .
Quelle est la raison de cette omission ?
A)Certains rapportent que c’était l’occasion de remercier Hachem sur la fin d’une épidémie qui aurait touché uniquement les garçons juif et qui aurait pris fin au cours de la semaine du Chabat yitro . Toutefois, cette raison n’est pas très convaincante étant donné qu’il n’est pas coutume d’organiser un jour de fête à la fin d’une épidémie , qui n’a d’ailleurs aucune source fiable historiquement.
b) D’autres rapportent que cela est en souvenir du repas qu’organisa Moché en l’honneur de son beau père Yitro. Mais cela n’est pas suffisant pour expliquer l’instauration d’un jour de « Fête » ainsi que l’omission des « Tahanounimes »
Aussi, on ne retrouve pas vraiment de source de nos Maitres de Tunisie qui écrivent de marquer une seouda en l’honneur de Yitro (Voir toutefois le Piské techouvot qui rapporte cette coutume pratiqué par certains hassid , mais il ne semble pas que ce soit cela la source du Minhag de la fameuse fête des garçons).
C)Enfin d’autres écrivent que cette coutume provient du fait qu’autrefois l’habitude était de réunir les enfants le jeudi soir de la veille du chabbat Yitro (Paracha où figure le don de la Torah) .
On leur inculquer alors l’amour, les fondamentaux de notre sainte Torah:
l’importance de l’étudier/ la pratiquer (ce qui est malheureusement peu ressenti de nos jours au cours de cette fête …) Et ainsi écrit explicitement le Berit Kehouna
[Maarekhet Samekh ot 19 page 129]. C’est en réalité la raison la plus plausible.
Concernant l’omission des Ta’hanounes on ne comprend pas pourquoi a Tunis on s’abstenait de les réciter jeudi matin, (en réalité dès mercredi à Min’ha) [Mekor Neeman 1,214]. Il serait plus logique de les omettre jeudi après-midi/vendredi matin (comme l’écris le Alé Hadass 17,2 ou il mentionne qu’ainsi est la coutume des juifs de Djerba/Gabes). Voir cependant le Sefer Vayaane Amos (Rav Amos Cohen de ‘Har Haçguira) qu’à Djerba on récitait Ta’hanoun même le vendredi [Vayaane Amos (‘Hayé Hayehoudime Bedjerba p.179)].
Malheureusement, on ne possède pas d’écrit de nos sages qui justifie ce Minhag (de pas réciter Ta’hanoune jeudi matin)
Aussi un officiant qui prie dans un minyan où la coutume est de ne pas dire Ta’hanoun devra suivre le Minhag de l’endroit .
Il en sera de même dans l’autre sens que si l’officiant n’a pas l’habitude de réciter les Ta’hanounes et se retrouvent dans un office qui récite il devra réciter les tahanounes comme tous les fidèles sans se démarquer du Tsibour [Mekor Neeman 1,215]